Julian Breuil, Guide de Haute Montagne

Escalade automnale au Verdon

A l’automne les gorges du Verdon sont le paradis du grimpeur : tranquillité, nuances des couleurs, température idéale, potentiel grimpant inépuisable. Le guide en trêve d’inter-saison a cédé à la tentation d’une escapade verticale entre copains.

Les Mains dans le Sel : secteur de l’Imbut, 200m, 7a max, 6b oblig

La voie est située au dessus d’une partie très encaissée et sauvage du Verdon : le Styx. L’accès par le sentier du Maugué, par de la désescalade et des rappels parfois bien raides, est une belle entrée en matière. Suspendu sur le dernier rappel, 40m au dessus du Verdon, il faut penduler pour rejoindre une cavité creusée par l’eau. De là l’escalade commence. Le rocher poli par les flots millénaires rend les premières longueurs déconcertantes. Au dessus des  fissures de largeurs variées mais toujours assez raides nous font réviser les techniques de verrous. Un pilier aérien nous sort brusquement des reptations intérieures. Au dessus ça déverse dans un rocher très prisu puis ça traverse dans une belle dalle à sensation.  Encore quelques jeux d’équilibre sur une arête sont nécessaires pour s’extirper des gorges et terminer une journée bien variée.

Les Marches du Temps  : Escales, secteur Marches du Temps, 200m, 7a, 6c oblig

La descente plein gaz dans la voie nous rappelle que l’on est dans un secteur historique du Verdon : les points sensés être plutôt rapprochés nous semblent espacés, les prises petites et la parois trop raide. C’est sans doute le syndrome « Escales »! Finalement les longueurs assez courtes permettent aux cerveaux, aux pieds et aux avant bras peu habitués au style de récupérer au relais en regardant le copain dévorer goulument un calcaire exceptionnel. Même si l’escalade est à dominante technique certaines longueurs sont plus originales : trous Céüsien, surplomb athlétique, envolée d’AO si vite oubliée ! Malgré l’age avancé de la voie la patine est faible et juste suffisante pour aider à choisir les prises.